mardi 24 janvier 2012

Fin janvier


dimanche 31 juillet 2011

Caractère (sale)

Pendant un temps, j'étais heureux, insouciant. Avec ma Belette. Et puis Paris m'a rattrapé, mon boulot m'a rattrapé, la vie à 2 m'a rattrapé.
Je stresse. Trop.
Et je ne me contrôle plus et je dis des choses hallucinantes à celle qui ne devrait jamais en entendre de telles de ma part.
Stress, dérapage, impardonnable...
Elle m'en veut. Beaucoup. Je suis mis au ban. Elle ne veut plus entendre parler de moi. Je suis perdu, terriblement perdu, horriblement perdu.
Et je ne sais pas s'il y aura un rattrapage. Le peu de foi que j'aie jamais acquis me fait pousser une fervente prière à qui voudra l'entendre.
Rendez-moi ma Belette, je ne suis rien sans elle, je ne le ferai plus...

lundi 28 mars 2011

Rattrapage

Même après les meilleures vacances, il y a cette période d'incertitude, de confrontation entre cette fraîcheur retrouvée, toute nouvelle et l'implacable réalité de la ville et du travail, eux aussi retrouvés. Et le Paris ingrat qui reprend la main, vite, très vite, trop vite.

Une semaine à peine et l'air alpin a disparu dans une bouffée de diesel. C'est tout, rien de plus. Et des bons souvenirs.

Ma Belette et moi n'échappons pas à cette règle. Paris nous a rattrapés en moins d'une semaine, 5 jours ouvrés. Présomptueux que nous fûmes, attendons à nouveau les week-ends pour respirer...

mardi 15 février 2011

Valentine

Il fallait le dire: ce 14 février-ci, le premier depuis un bon bail, je ne l'ai pas passé seul. Et c'était bien. Rien d'autre à dire, non, vraiment.

mardi 8 février 2011

Des soucis

3 nuits. 3 nuits qu'Elle est malade et refuse de me voir. En gros, je ne sers à rien, je ne suis même pas assez bon à aller acheter des mouchoirs en papier. Alors un SMS rapide, sans âme, pour décommander et rien d'autre à faire qu'accepter en fermant ma gueule. Je rentre chez moi, je n'aime pas, chez moi, je n'ai jamais vraiment aimé, fonctionnel, pas recherché.

On me dira que si Elle est malade, je n'ai rien à dire. Que si Elle est trop fatiguée et qu'Elle me le dit, je devrais respecter cette décision. Oui. Je la respecte. Je veux juste passer la voir une demi-heure, m'assurer qu'elle va bien et puis repartir. Mais non, je suis exclu. Je n'aime pas être exclu.

Elle m'a déjà dit que je ne devrais pas "essayer d'interpréter là où il n'y a pas lieu". Oui. Elle a raison. Elle a presque toujours raison. Mais de là à dire que c'est facile.

Je fais quoi, alors? Je tourne en rond en me mordant la queue. Je cherche des occupations, mais je pense à Elle. Trop dépendant, déjà? Trop fusionnel, trop attaché... trop collant? Trouver ses marques, être social, modèle. Non, pas de modèle: improvisation, naturel. Compliqué, très compliqué, mais essentiel.

Encore une fois, le coyote se pose trop de questions. Elle me l'a bien dit, Elle aussi. Alors je fais quoi, moi? Elle me manque...

mercredi 26 janvier 2011

Les cormorans

Je me retrouve, parfois, dans des coins de Paris insoupçonnés, jamais seul, non, mais inattendu. Toute la vie de ces quartiers que j'avais négligés en arrivant, il y a longtemps maintenant. Tous ces théâtres, musées, galeries, bars, parcs cachés. Mais jamais seul, jamais perdu. Je suis, je précède. Paris, enfin. Et Elle, surtout.

Du coup, j'ai un peu perdu le fil de choses secondaires. Comme ce blog, par exemple. Ce n'est pas trop grave, en fait...

Le temps est étrange, inconstant. Une Caipi à une terrasse un soir de janvier. Même pas froid, même pas mauvaise. Et Elle est là, à côté, le Mojito n'est pas à la hauteur, mais bon: on partage...

Sur le canal, deux cormorans. Egarés, mais heureux, semble-t-il. Ils pêchent de conserve. Ce matin, je ne les ai plus vus. Ah si, ils ont survolé le pont vers l'estuaire, loin, là-bas. Ce matin, je ne venais pas de chez moi: ma vie à 50%.

Ce n'est pas plus mal.

lundi 10 janvier 2011

J'aime pas les lundis

Non, je n'aime pas les lundis. Ce lundi comme tous les autres, ce lundi comme tous les débuts de semaine, toutes les rentrées, tous les recommencements. Le lundi car c'est la Némésis du week-end. Surtout le week-end à Paris, paisible et presque infini... jusqu'au dimanche soir, froid et laconique dans sa régularité, son insistance d'interruption incongrue.

Lundi à Paris, en général: pas terrible. Je me retrouve à ce bureau, à remuer ces dossiers sans âme, répondre à des questions, décider, parfois, de destinées secondaires, celles de produits, celles de projets, rien de bien fascinant. Accompagner une entreprise, essuyer les crises de cyclothymie du chef, ballottage permanent, juste? injuste? Simplement saoulant, simplement déplacé. Indigne.

Tu passes du temps à essayer de faire les choses bien, pas seulement pour toi, mais aussi pour ceux avec qui tu travailles. Une famille salariée. Tu défends les intérêts communs, enfin... ce que tu crois être bien. En fait, pas grand chose, des tours de sable balayées par le vent, du rien industriel, des promesses de richesse vaine. La définition du Bien, bancale et déplacée dans ce contexte. Mais tu ne peux pas faire ce que t'on te dit de faire, simplement, non... Toujours à faire le malin. Mais sinon c'est simplement trop vain.

Et puis, comme tous les lundis depuis peu... Elle te manque. Et cela ne simplifie guère les choses... Ce n'est pas raisonnable, mais la raison, elle t'a suffisamment plombé...

lundi 3 janvier 2011

Le 3

Le 3, on retourne au travail après un week-end à Paris.
Le 3, on souhaite une bonne année à la pelle aux collègues de bureau, après le seul "Bonne année" qui compte, celui de minuit pile.
Le 3, on retourne manger le midi en groupe au resto attenant alors qu'on était il y a peu en tête-à-tête dans une brasserie renommée.
Le 3, il faut se lever tôt, ce que l'on n'a de toute évidence pas fait ces derniers jours.
Le 3, on retrouve toutes ces connaissances salariées et le soir, il manque une personne.
Le 3, comme tous les lundis, les aiguillages des trains souterrains en rapprochent certains, en séparent d'autres.
Le 3, on se dit que si 2011 sera comme la fin de 2010, on ne se plaindra pas, promis.
Le 3, on a la tête ailleurs et même si l'on est content de revoir des visages connus, non, ce n'est pas ca...
Le 3 au soir, on se dit qu'on la reverra le 4 ou le 5, alors bon...

mercredi 22 décembre 2010

Countdown

OK, j'ai essayé de faire des choses utiles. Chez moi, j'ai accroché des tableaux encore emballés depuis plus d'un an que je suis arrivé ici. J'ai réparé une fuite d'eau. Au boulot, j'ai rempli quantités de tableaux Excel, de formulaires. J'ai signé un bon kilo de cartes de vœux...

J'essaye de m'occuper sans être misanthrope ni anxieux. Ni énervant. Difficile. Les bureaux se vident, lentement. Le RER du matin se vide, lentement. Les magasins sont pleins, encore trop pleins. Mes clients sont partis en vacances, eux aussi. Weihnachtserprobung, ils appellent cela. Ou comment récupérer une voiture gratuitement pour les vacances de Noël sous le prétexte de faire quelques tests. Combine commune...

Il pleut, ce crépitement à la fenêtre. Cela aurait dû être de la neige. En fait, je regarde par la fenêtre, c'est bien de la pluie, neige fondue. Ma valise est dans un coin, remplie sans grande motivation de choses secondaires. Survivre 4 jours sur la côte, le temps de le dire, fils pas trop indigne. Et puis je rentrerai à Paris. En train, c'est plus sûr que l'avion par les temps qui courent...

Elle, Elle est loin, encore. Evidemment, Elle a une famille, Elle. Pas comme moi, apatride opportuniste et négligent. Mais voilà, la distance, la communication fragmentaire. Le temps qui passe, qui fait que l'on se connaît mieux, mais toujours à peine, en définitive. Ne creuse pas la distance plus que nécessaire. Et le téléphone, ce n'est pas ca...

Même lorsque je serai rentré à Paris, Elle ne sera toujours pas là, pas encore remontée du Sud. Je l'attendrai à la gare de Lyon, sans doute. Déplacé? Je n'en sais rien. Détends-toi, Grand Coyote. Reste zen. Pas d'emballement, de conclusions hâtives, d'impulsivité. Pas maintenant. Elle te manque: ce n'est pas complétement anormal.

Mais bon, je compte les jours, quand même... On verra bien si je me trompe.

dimanche 19 décembre 2010

Week-end à Paris (2)

J'étais encore pour le week-end à Paris. Je crois bien que cette ville me plaît. D'accord, il a neigé, mais quelle importance? Le lendemain matin, en allant chercher les croissants, tout avait fondu. Et dans les rues avec Elle, la foule des derniers dimanches de décembre. Le soir, je suis rentré à Paris. Et la musique, c'était celle-ci:

mercredi 15 décembre 2010

Inclassable

Toujours cette obsession de trouver des surnoms, des totems, des qualificatifs mordants et une espèce animale. Mon côté indien, l'élément initiateur de ce blog, peut-être, il y a maintenant bien longtemps.

Ceux qui me côtoient de près on leur étiquette, peu manquent, tout du moins pas dans les personnes importantes. Quand une nouvelle personne importante surgit de nulle part et reste alentours, l'étape suivante, celle de l'acceptation, de la dédramatisation, c'est trouver son totem. Mais voilà...

Elle, c'est une Belette. Une Louve. Une Panthère. Mais aucun animal ne la résume. Elle est lumineuse, fascinante, passionnée. Et aucun qualificatif ne peut donner sa mesure. Je n'ai même pas tenté de chercher, j'ai abandonné. Elle, c'est "Elle". Avec tout ce qu'Elle peut amener avec elle de promesses et de menaces dans ma vie de Coyote. Mais sans ce danger, point de futur...

Alors oui: Elle est inclassable.

lundi 13 décembre 2010

Week-end à Paris

J'ai passé mon week-end à Paris. Et puis, dimanche soir, il a fallu que je rentre à Paris. Dans le métro qui me ramenait à Paris, c'était bizarre. Il y avait des gens avec des valises. Moi, non. Ils me regardaient bizarrement aussi. Il faisait froid, à Denfert-Rochereau. Moi, non. C'est peut-être pourquoi ils me regardaient bizarrement. Parce qu'à Paris, il faisait froid, tandis que moi, d'où je venais, à Paris, il faisait chaud. Passée, la Seine, barrière climatique. Au sud de cet équateur, il faisait froid. Bizarre.

L'appartement était chaud, vide. Un peu comme s'il m'avait attendu tout le week-end. Et puis non, rien de bien transcendant. Le répondeur qui clignote. La boîte aux lettres bourrée de prospectus. C'est chaud, mais c'est froid, ici, au sud. Fonctionnel, un truc d'ingénieur, sans âme presque.

Le jet-lag m'attaque, me freine. Un jour plus tard, il est encore là, presque pire, étrange et obsédant.

Reste là, Grand Coyote, attends encore un peu. Patient, pas trop. Tu dois savoir, sans être trop impulsif. Mais elle te manque, déjà... En tant que ton double schizophrène, je ne te serai guère d'un grand secours: à toi de voir...

jeudi 9 décembre 2010

Paris enneigé

Ouais, c'était tout bloqué. Pas de bus, rien sur les lignes de métro qui pointent le bout de leur locomotive à l'extérieur, partout des voitures poussées dans les côtes ou abandonnées à leur destin de bas-côté. Le canal gèle lentement. Il y en a qui font des photos, des qui glissent, se ramassent, des qui rigolent et filment tout cela de leur étage, puis chargent le résultat sur YouTube. Productivité en baisse, donc, pas du fait des désaffections dues aux transports, non, mais au temps passé aux fenêtres. D'ailleurs la productivité baisse, c'est tout. Ambiance de fêtes, la fin de l'année, la saturation et puis mêmes nos chers clients qui se calment. Voilà.

Et le Grand Coyote dans tout ceci? Il survit, plutôt bien. Sa productivité est en berne, mais ce serait surtout à cause d'une Louve croisée un soir de froid. Hurler avec les loups? Non. Courir avec une Louve: oui. Elle est revenue de Vienne, alors on s'est retrouvés à l'endroit habituel, sous la neige. Et c'était encore du Lelouch...

Grand Coyote, que fais-tu? Le sais-tu? Non, enfin si, enfin... non. Je suis le cours, je batifole, je me fous de tout ou presque, il y a des choses dans l'air, différentes, si différentes, revenues de loin, de tellement loin. Oubliés, presque oubliées.

Hier soir, dans la neige, j'ai vu ses yeux noirs, brillants. Et puis la pointe de son museau contre le mien. Après... je ne sais plus... sauf que ce matin, j'étais heureux.

lundi 6 décembre 2010

Oscillations & flottement

Victime d'un cas sévère de mécanique des fluides, je titube, convalescent, à travers les jours. Dans le flou du mouvement, j'essaye d'écrire, de démontrer, mais j'ai toujours été très mauvais en mécanique des fluides et en chimie. Apparemment, cela n'a pas changé, depuis des années.

Il y a quelques jours encore, je filmais du Lelouch dans les stations de métro (pour paraphraser un Carcajou très inspiré). J'observais, dans mon temps libre. J'écoutais, de loin. Imaginez, juste une scène parmi tant d'autres, tirée du quotidien capital:

Une fin de soirée à Paris, il fait froid. Des passants pressés dans un quartier animé, transparents et rapides. Lointains. Elle le raccompagne jusqu'à l'entrée de la station de métro. Là, il devient clair que leurs chemins vont se séparer. Elle dit quelque chose du genre:
- Bon... bonne soirée?!
Il la regarde, il ne se démonte pas et avec un léger sourire:
- Tu ne vas quand même pas me laisser rentrer comme ca, dans le froid...?
Elle est un peu désarçonnée:
- Mais... tu voudrais qu'on passe la nuit ensemble?
Il ne dit rien. Elle continue:
- Tu ne trouves pas que nous allons un peu vite? On se connaît à peine?
Il ne dit rien, encore, un silence s'installe, stressant. Il ajoute alors juste, calmement.
- Tu as raison: être humain, c'est aussi contrôler ses instincts, non?
Elle est un peu interdite et dans la foulée, il l'embrasse. Alors elle ne dit plus rien, le temps s'arrête, un instant qui dure des éternités. Et à la fin d'une de ces éternités, elle lui prend la main en souriant et ils s'éloignent ensemble de la station.

Et là, je dois bien dire que je suis plutôt satisfait du scénario. C'est mon côté coyote bleu, inavoué. J'aurais voulu l'écrire que je n'aurais pas fait mieux, la réalité est une source fascinante d'inspiration. Je ne sais pas où ils sont partis après, je ne les ai pas suivis. Pas besoin.


Moi, en attendant, j'essaye d'être détendu. C'est vrai, ce n'est pas simple. L'odeur du désert est différente, pour le Coyote. Les plateaux, les mesa, les plaines, vides, terriblement vides. Elle est partie à Vienne pour une semaine. Visiter des amis, quelque chose de prévu depuis longtemps, enfin: plus longtemps que moi, l'imprévu. Moi j'avais prévu d'aller voir Petit Coyote, de toute manière...

J'arrive à Budapest, grise et enneigée. Je prends un taxi plus long que d'habitude pour aller à leur nouvelle adresse. La banlieue propre, des maisons semblables alignées à l'infini. Pas loin de l'école, certes. Formidable, cette maison, non, vraiment, positivement formidable. J'ignore les sueurs froides qui me parcourent quand la mère de mon fils me fait visiter avec fierté ce monument de construction moderne. C'est carré, c'est blanc, c'est propre. Je me sens mal.

Je passe un week-end bancal avec le Petit. Il a une chambre magnifique, c'est bien vrai, qui doit être maintenant à peu près aussi spacieuse que mon appartement parisien. Je fais la cuisine, je fais des concessions. Je dois prendre le dîner avec le nouveau,de sa mère, qui habite là, lui aussi. Il est aussi ennuyé que moi et ne tient pas à prolonger l'intermède. Moi je m'en fous, j'ai descendu une bouteille de Sankt Istvan Villány prophylactique, qui ne m'a presque rien fait, juste allégé les pensées pour une demi-heure. Après, il faut que je lise des histoires de loups. Les loups sont vaniteux, imprudents, se font toujours avoir. Les coyotes, non, enfin... différemment. Je remonte sous le toit, où je dors, confortablement, mais sans âme. Il y a un SMS sur mon téléphone, un SMS de Vienne, qui allège le reste de la soirée.

De retour à Paris, le mauvais terminal, le plus lointain. La navette la moins pressée. Le RER le plus lent. Ce matin, les problèmes de signalisation à Châtelet. La pluie, moins froide, mais le vide. Plus de SMS. Je vais travailler, automatique, je fais des blagues aux RH et elles m'offrent des chocolats et leur conversation. Mais il y a un truc qui fait masse. Elle revient quand, au juste? On se reverra quand, au juste? Et comment?

Le doute. L'attente. Les oscillations. Le flottement...

lundi 29 novembre 2010

Intermède musical

A Paris, il fait froid. Au point qu'on prend moins de pauses dans la cour, que du coup notre productivité remonte, notre consommation de café diminue et mon tabagisme passif disparaît. N'est-ce point fantastique, donc?

dimanche 28 novembre 2010

3rd date

A Beaubourg, il y a de ces salles larges et lumineuses. Parquet et murs blancs et ce banc au milieu. En général on s'assoit sur ce banc et on contemple la peinture suspendue au mur d'en face. Parfois seul, parfois à deux. Parfois il n'y a personne d'autre dans la salle. Et on est bien.

La nuit est tombée sur Paris entretemps. Alors on essaie de reconnaître les bâtiments de la terrasse supérieure, les tours, les coupoles, parfois illuminées, parfois masses sombres. Et elle est là, elle s'y perd autant que moi, elle me demande, je ne trouve pas. Loin, pas loin, le Paris miniature se déroule à nos pieds, un soir d'automne avancé qui l'entremêle de fumées blanches.

On traverse la Seine, on se perd, changeant maintes fois de directions. Elle sait où elle va et puis non. On s'ègare, l'iPhone nous relance sur une autre route. Elle va trop vite aussi, parfois. Mais à un moment on l'atteint, ce restaurant auquel j'avais pensé sans trop m'organiser. Y aura-t-il une table? Pour deux, oui.

La serveuse était désagréable, mais je ne me souviens plus trop d'elle. A la table du coin, il y avait toi et moi. Le vin bio n'était pas bio, c'était secondaire. On a trop mangé, c'était secondaire. Il y avait ta main aussi, la mienne, bien plus. On est partis comme des voleurs, ce n'était pas important.

On a cherché un bar, mais ils regardaient tous le rugby. Beaucoup trop de gens regardent le rugby ici, beaucoup trop fort. On essaie encore un bar, tu me fais non de la tête dans celui-ci aussi, trop de bruit, trop d'images au fond vert. On se retrouve dans un autre, finalement. St-Michel, encore, mais est-ce bien important?

Ce matin, on était un peu perdus, dans ma cuisine. Oui, le XIVème, c'est calme, par ici. Mais toi, tu ne connais pas, ce n'est pas chez toi. Et moi, c'est à peine chez moi et plutôt inattendu. Des croissants parisiens, de forme étonnante. Du café. Et toi, il faut que tu t'en ailles. Je ne te chasse pas, oh non. On se souhaite une bonne fin de dimanche devant la station de métro, c'est un peu irréel. Heureusement, il y avait ta main sur le chemin, ces petites choses simples presque enfantines et oubliées, si nécessaires. Mais voilà, c'est ainsi: toi la rive droite, moi la rive gauche.

Grand Coyote, dans tout ceci, est un peu perdu. Il va falloir rassembler ses esprits, attendre demain. Ce sera difficile.

jeudi 25 novembre 2010

2nd date

Parce que je l'ai rappelée et qu'elle a accepté. Oui. Alors on s'est revus, plus longuement, moins improvisé. Mieux, nettement mieux. Bien, tellement bien. Le temps a passé sans nous gêner. Soudain, il était l'heure de rentrer, déjà. Trop tôt. Mais oui, on se reverra.

P.S.: je crois que je suis un peu tout fou...

lundi 22 novembre 2010

La règle des 3 jours

Où l'on me dit qu'il est de bon ton et même raisonnable de laisser un peu de temps passer. Que le temps, donc la distance, en passant crée des circonstances plus favorables que des actions rapprochées, trop pressées. Masquer son intérêt pour l'assurer. Contradictoire, paradoxal... Mais c'est la règle.

3 jours, la durée sur laquelle l'on s'accorde. 3 jours, le temps qu'il faut, ni plus, ni moins. 3 jours, valeur artificielle et vaine. Alors j'attends, même si, si je m'écoutais, j'aurais déjà craqué... Mais voilà, j'ai perdu les plans, la trace d'alors. Je ne sais plus comment j'avais fait dans des cas similaires, il y a trop longtemps.

La mère de mon fils, c'était de toute manière une histoire à part. Pas de similitudes. Et puis même là, j'ai aussi perdu les plans. Inutile de reconstruire la même chose de toute manière.

Alors j'attends trois jours et trois jours, c'est demain. Demain où je remettrai tout en jeu. All-in. Peut-être qu'elle ne répondra pas. Peut-être qu'elle refusera. Peut-être non, après tout. Alors oui, all-in.

samedi 20 novembre 2010

1st date

A Paris, un samedi après-midi. Elle arrive en retard, mais les françaises m'ont habitué à cela. S'ensuivent des choses simples, compliquées, adaptées, inadaptées, des hauts, des bas, des conversations, des silences puis un café non loin du Palais-Royal. Un "au revoir" un peu raté dans une rame de métro, 10 secondes pour descendre et puis... plus rien. La foule, le silence, la ligne 4, toujours la même, bondée comme un samedi après-midi.

Je suis mitigé. Si je suis froid et raisonné, tout n'était pas parfait. Si je suis froid et raisonné, elle était très jolie. Si je suis froid et raisonné, il y a eu des blancs. Si je suis froid et raisonné, il y a eu des bons moments, beaucoup même. Si je suis froid et raisonné, la conclusion n'était pas claire, bâclée même. Si je suis mon instinct, j'ai envie de la revoir.

Alors la question: 2ème, pas 2ème? Quand alors, comment?

vendredi 19 novembre 2010

Beaujolais nouveau

Ce soir, c'était le beaujolais nouveau. Rien de bien extraordinaire, me direz-vous. Un vin approximatif, une coutume discutable, mercantile et surranée. Ce serait compter sans le "social"...

Le "social", c'est ce groupe facebook sans couleur initiale, où mon bon Benz m'invita. Et comme tous groupes, il y a des "events". Et comme j'avais envie de sortir de mon tunnel, je me suis inscrit. Après une journée à Wolfsburg, je méritais bien cela, après tout.

Brave mais anxieux, je retrouve Benz à la sortie du métro. C'est Paris, il pleut, je ne connais pas le coin, mais que diantre! On rentre. Au sous-sol du lieu, réunion du groupe. Des gens de tous horizons. Je laisse ma veste sur un cintre, dans un coin.

Buvons-donc un Beaujolais. C'est cher, ce n'est pas terrible, mais bon, tradition... On parle avec des gens inconnus. Et puis, dans un éclair de cette cave sombre, elle est là, soudain, inattendue.

Elle ressemble un peu à Cuculidée Malchanceuse, mais ce n'est qu'une similitude lointaine, elle est bien plus. Je me rends compte plus tard, alors que nous devisons au bar, qu'elle est un peu cette francaise dont tous les allemands rêvent. Et là, je deviens fou ou schizophrène, je ne sais plus...

Elle s'en va, mais on se reverra. Je n'ai pas repris de Beaujolais et finalement, je suis plutôt content, ce soir. Il pleut: paisible...