mardi 16 mars 2010

Et le canal St-Martin

resplendit soudain au soleil inattendu. Les tentes de Roumains sous le pont vivent leurs derniers instants, les derniers sacs poubelles flottent lentement vers la Seine. Les étudiantes s'amassent en groupes compacts sur les pavés du quai tandis que passe une péniche vide.
Dans la cour, le soleil dans un coin. Celui du café du matin, du café du midi, de la cigarette de l'après-midi. Le redoux, le printemps qui approchent, les cycles saisonniers et quotidiens.
Moi, pour changer, je prends le RER. Cela dure moins longtemps, je marche plus, c'est mieux pour ma ligne (la 4...).
En ces instants fugaces, Paris vaudrait presque la peine d'être vécue. Sans allemande, mais on fera avec, sans doute. Ou alors il y en a d'autres, ailleurs, je ne sais pas encore où. En attendant, je lis le livre conseillé par le Suricate, dans le métro. Et je bois moins. Depuis 2 jours. Ah non, tiens, maintenant que j'y pense, le pichet de Corbières à midi, qui en but un quart?
Dégel, dégel, mais cette question qui demeure: qu'est-ce que je fous ici? Pourquoi ici, d'ailleurs? "Pourquoi ici?" d'ailleurs...

dimanche 14 mars 2010

Week-end à Paris

Non, rien...

samedi 13 mars 2010

Semaine alcoolique

Voilà une semaine passée, pour oublier. Paris, c'est cher quand on veut s'alcooliser. J'ai passé la semaine dans divers bars, mais souvent le même, où la bière allemande est importée et me rappelle là-bas, à défaut d'Elle. Les Euros défilent, je ne sais plus. La grande blonde esthétique et maigre essaye de nous soutirer une cigarette devant le pub. Non. Elle repart, dépitée. C'est vrai qu'au collège personne ne doit lui refuser une cigarette. Moi, je n'en ai pas et je m'en fous. Les autres en ont et s'en foutent aussi. Mes Parisiens sont formidables, se jouent de ces choses avec une aisance presque dilettante. J'essaye de ne pas penser à Grande Belette ou de me convaincre que c'est une cause déjà perdue.

Le Suricate et le Renard me soutiennent mordicus "qu'on ne va pas ensemble". Je ne sais pas, je voudrais plus de détails, je n'y comprends rien, je suis affreusement et fatalement partial dans cette affaire, pas clair. Elle m'emmerde, mais est-ce bien suffisant? Elle réapparaît sporadiquement et je cours. Je discutais avec une collègue que bizarrement, les décisions professionnelles ne me faisaient pas peur, mais que dès qu'il s'agit de ma vie, voilà, c'est le boxon, je ne m'en sors pas. Ce soir, tard, je suis devant le clavier allemand, celui que je maîtrise mieux que le clavier français, je me dis que demain sera mieux. Mais non, ce sera la même zone, les mêmes interrogations, juste quelques heures plus tard, les mêmes cafards, au sens propre comme au sens figuré. Paris m'apporte beaucoup, mais m'a aussi pris énormément. La zone...

mercredi 10 mars 2010

Education

Ce soir, je fais du WiFi en regardant d'un œil absent la télévision qui débite des âneries. Je tombe sur le stage de réinsertion pour adolescents français irascibles chez des parents africains très stricts: conflits des générations, jeunesse pas encore perdue mais mal partie, choc des générations et des cultures. Illustrée d'une musique elle aussi adolescente et de commentaires descriptifs mais creux, l'émission se déroule. Je vois l'adolescente des Yvelines (ou de par là, chaipus) qui se confronte à sa famille d'accueil: Et là, vous allez rire: je me suis rappelé ma vie commune il y a un an exactement, quand j'hébergeais aussi une adolescente. Tellement vrai...

dimanche 7 mars 2010

Châtelet - Les Halles

Voilà, encore une fois Châtelet - Les Halles. Des céramiques sales et vieillies, un lieu de passage où je ne descends même pas. Avant, ce nom chantant, cela me faisait presque rêver. Je dis: presque. Maintenant que je descends à Alésia ou Denfert-Rochereau, je relativise beaucoup.
Combien de temps fallait-il pour redescendre, combien de temps pour retomber dans les mêmes travers? Apparemment aussi peu et aussi longtemps qu'aujourd'hui. Exactement 6 mois après le début officiel de ma nouvelle vie parisienne, de mon nouveau boulot, de mes nouveaux espoirs et tout ce cirque. CDG me soûle autant que MUC, maintenant. Et BUD aussi, mais ca, c'est une autre histoire.
Donc me voici un dimanche soir dans le XIVème, devant mon clavier allemand à me demander une fois de plus ce que j'ai bien foutu ces derniers mois. Reprenons...

Je voulais changer d'air, Paris me pesait, le travail ingrat et le ciel terne. Du jour au lendemain s'offre une possibilité d'aller à Munich, visiter le client aux portes du week-end. Alors j'y vais, je m'y engouffre, je saute littéralement dans le premier avion. Je me dis que ce sera bien, puisque j'y verrai les meilleurs antidépresseurs...
En fait, non, mais c'est ma faute. Je suis allé voir Grande Belette, au mépris de l'interdiction avisée de Suricate Myope. Le hasard voulut aussi que mon week-end impromptu coïncida avec certaine chute de neige qui la dissuada de partir au ski avec ses collègues de bureau comme il est habituel à cette époque-là. Donc je la vis. Et c'était une très mauvais idée.
Parce que quoi qu'en dise le Suricate, elle est loin d'être conne. Parce que quoi qu'en dise le Renard, elle est loin d'être laide. Parce que tout combiné, je me retrouve avec elle devant un latte macchiato (spécialité locale?) et que le temps passe sur un nuage.

Après, dans la voiture venue m'attendre au coin de la rue, on m'engueule. Parce que je ne suis plus vraiment présent, déconnecté. Pour me dire que je n'aurais pas dû y aller et me réitérer les sermons précédents, constatations gratuites, pas parties d'un mauvais sentiment, mais voilà... "Règle cette situation!", qu'on me dit... Je lui dis quoi, à elle? Que je suis con n'avoir rien fait tout ce temps où elle était une collègue de travail, justement parce qu'elle était une collègue de travail... Et que je suis con d'être parti à 900km juste quand d'un coup je n'étais plus un collègue de travail. Et que je suis con de ne pas savoir ce que je veux vraiment, maintenant que tout est bien bancal.
Alors je décide de la revoir le lendemain. Pour clarifier. Tu parles! Il a suffit qu'elle ouvre la porte pour que j'oublie pourquoi j'étais venu. Et encore une fois, entre deux gares, entre deux avions, j'étais avec elle, à parler devant un latte macchiato en un lieu temporaire et en-dehors du temps.
J'ai fait des photos pour bien immortaliser mon échec réitéré. Et expliquer un jour à Petit Coyote qu'il n'y a qu'une seule Allemande qui m'ait vraiment tapé dans l'œil en 10 ans.

Encore un taxi, un avion, un RER. Paris, c'est sale et criard. Munich, c'est rectiligne et terne. Nulle part c'est chez moi. Elle, elle est là-bas. Mais est-ce que c'est elle, est-ce que c'est là-bas?
A force de vouloir faire le malin, me voici entre deux chaises, pas vraiment arrivé nulle part. Et ca ne s'améliore pas.