dimanche 8 juin 2008

En attendant

... l'avion. Oui, l'avion. Dimanche soir, j'ai rien d'autre à faire que du Wi-Fi à Ferihegy, en attendant le LH3459 qui a une heure de retard. Non, on ne sait pas pourquoi. Mais ça fait chier, si vous me passez l'expression. Devant moi vient de passer une flopée de français dont le vol pour Paris était lui aussi retardé. Il faut dire que cette après-midi, à Budapest, ça a bien saucé. On avait l'impression de faire du bateau, les voitures prenaient l'eau. Bon ça descend vite de la colline, certes. C'est l'avantage de Buda. 1/2 h plus tard, toute trace du dégât des eaux avait disparu.

Sinon hier soir, par désœuvrement, j'ai cédé aux sirènes du football télévisé. Mais c'était très reposant de regarder Portugal-Turquie commenté en hongrois. Vraiment. Juste à un moment, un peu frustrant, j'ai pas compris pourquoi un turc a eu un carton jaune. Mais comme j'étais pour les portugais... Bien joué les gars, bien joué, surtout le deuxième but à 90"+3. Demain il va falloir que je revête mon patriotisme rond. Sans doute. Il paraît que je vais à Regensburg demain après-midi. C'est joli, Regensburg: une maison, une église, une maison, une église et on recommence. Sinon il y a le Danube, ah ouais. Mais j'y vais pour le business, avec Louveteau Putride. J'espère juste qu'on sera rentrés à temps.

Parfois, je me dis que j'aurais dû demander 20% de plus aux autrichiens et une voiture de fonction et puis y aller quand même. Mais ça, c'est parce que je suis indécis. Ou parce que je n'ai pas touché à la XBox du week-end, d'où crise de lucidité rédhibitoire. Toc. Enfin bon, les autrichiens, ils n'ont pas trop brillé, ce soir. Bon va falloir que je me lève, l'embarquement a changé de porte. Et puis il y a une grosse allemande qui beugle du siège dans mon dos, éructe des banalités en roulant des "R", la pire sorte.

jeudi 5 juin 2008

Résumé

... des épisodes précédents. En fait, il ne s'est rien passé. C'était l'été, puis à nouveau l'automne, un truc entre les deux, il pleut à verses, j'aime bien, j'ouvre la fenêtre du bureau. Voilà.

Sinon, c'était l'été. Oui. L'été. saison ingrate surchargée en stimuli visuels. Ou le décolleté de Belette Stylée. Terrible. Presque traumatisant. Mais il en faut plus pour me décontenancer. Je fus brave, imperturbable, même lorsqu'elle m'a demandé de venir déjeuner avec elle (je n'ai pas dit "non", quand même: asocial, mais pas fou).

Et puis aussi j'ai dit non aux autrichiens. Certes, ils m'auraient donné des sous, Paris aurait été bien, mais après, au bout de 5 mois, me retrouver dans une cave du sud autrichien, non. Je suis contre. Je le leur ai dit, avec des gentils mots bien propres. Du coup je repars à zéro, non, si, presque. Il faut recommencer à chercher. C'est le marché d'été, mais je vais d'abord essayer de planifier mes vacances proprement, avec Petit Coyote.

Et comme je sentais que je replongeais lentement dans une nouvelle phase d'asociabilité, je me suis acheté GTA IV. C'est très mauvais pour moi et mes tendances. Mais je n'ai pas honte, voilà, même si la caissière du Saturn ne me l'a pas emballé dans le sac plastique idoine, sans doute exprès, on ne sait jamais avec les autochtones d'ici, ils ne sont pas comme nous. De toute manière, tant que les arbres se reproduiront en plein air, je ne pourrai pas ressortir, alors autant optimiser. Je hais les tilleuls, en particulier. Pas de bol, c'est ce qu'il y a à profusion dans les environs et même à Verhalom tér avec Petit Coyote. Je serai stoïque, allons.

lundi 19 mai 2008

Les sushis du vendredi

Vendredi, c'était le début du week-end. Certes. Mais c'était aussi l'occasion d'organiser, dans l'antre du Grand Coyote, une petit sôterie pour fêter, comme ça, un an de quasi inactivité dans un bureau blanc au 6ème. Il y avait presque tout le monde, d'ailleurs (même Belette Stylée, pourtant très demandée).

Alors pour résumer, Renard Crispant a organisé un Workshop Sushis. Et personne n'a été blessé ni n'a souffert d'intoxication alimentaire rétrospective (c'est dire). Pourtant, laisser un hachoir entre les mains de certaine personne aurait pu plus mal tourner... La soirée s'acheva sans blessures graves. Le succès fut tellement total qu'une deuxième tournée (de sushis) s'avéra nécessaire.

Après quelques antipasti intermédiaires, Belette Stylée nous fit cuire de la viande au wok avec les légumes idoines tandis que Suricate Myope, au même ustensile, nous servit des crevettes. Et puis Carcajou Philosophe nous fit des tartes aux pommes. On en a eu de la chance, quand même. Sinon, on a bu, enfin, surtout le Bouledogue Breton (malencontreux inventeur du cocktail Whisky-Wasabi). Et on a discuté de choses fascinantes. Par exemple, la théorie appliquée de la salutation américaine. La routine, quoi.

mardi 13 mai 2008

Bande FM

Week-end de pentecôte (ou équivalent, je sais plus comment ça s'appelle en français). Alors je prends la route, celle de Munich à Budapest, dans une magnifique Peugeot 207 de location. Cette fois-ci, je ne dirai pas trop de mal d'Europcar, promis. La preuve: pour une fois, ils m'ont donné exactement la voiture que j'avais commandée. La même que Belette Stylée, mais ça, c'est une autre histoire.

La route de Budapest, c'est simple, en partant de Munich, c'est toujours tout droit, vers l'est. Autoroute, autoroute, autoroute. München - Salzburg - Linz - Wien - Györ - Budapest. Une vignette d'autoroute autrichienne, une vignette d'autoroute hongroise. Facile. Et puis 130 tout le temps. Ce qui m'amuse le plus, sur cette route, c'est la frontière. Les frontières? Oui, d'accord, il y en a deux, mais la frontière austro-germanique est anecdotique. Entre l'Autriche et la Hongrie, non. Il faut s'arrêter pour acheter la vignette (virtuelle depuis le début de cette année, c-à-d qu'ils notent le numéro de plaque d'immatriculation et vous donnent un reçu en échange d'une obole conséquente). Le tout sur une aire en bordure d'autoroute dépareillée et crasseuse du fait de tout ce traffic. C'est beau, c'est cosmopolite. Et on peut faire pipi à peu de frais (juste 100 Forints). Oui, d'accord, il y a une autre méthode qui ne coûte rien, mais on n'est pas des sauvages. Surtout à l'étranger.

Alors sur le chemin, on voit des montagnes, plein de montagnes. Genre alpines, quoi. Avec de la neige en haut, c'est ça. Et on écoute la radio. En Bavière et en Autriche, c'est plutôt du genre Heidi descend de la montagne à cheval, main dans la main, youpi youpi. Ou alors autour de Vienne la radio pour réfractaire branché alternatif (que l'on reçoit aussi à Munich, lorsque le vent est propice). Et puis on passe la frontière et l'on se retrouve dans un boum-boum joyeux hongrois. On croirait qu'ils viennent de découvrir l'eurodance et ils s'amusent comme des petits fous. Les connaisseurs apprécieront (cf ranking sur google). Des radios bien pour jeunes, donc. Ou alors pour moins jeunes, aussi. Recyclage. Le mieux, ce sont les chansons hongroises. Sans rire, une création fleurissante, ça fait plaisir.

Après, le cocktail classique. Les bacs à sable, les maisons-qu'on-grimpe-dedans, les balançoires, les trucs-sur-ressorts, les petites autos. Ou le pouvoir immense d'un bulldozer miniature. Le bon week-end, quoi.

Et le retour, le même chemin, contre le soleil. 40km après Budapest, je double une Lada rouge pétante (mais qui se traîne quand même un peu). Un peu plus loin, à la pompe à essence, elle s'arrête à côté de moi. Magnifiquement entretenu (cf modèle identique ou presque). Le conducteur descend, avec un semblant de style dans son jogging assorti et un chiffon à la main, pour essuyer quelques malencontreux insectes à la destinée brisée par son bolide. Respect.

mardi 6 mai 2008

Pause de midi

Tiens, encore un magasin Vodafone. Le précédent était à moins de 200m dans la même rue. Ici aussi, ils ont un stand et font semblant de distribuer des téléphones portables gratuits. Toujours en équipe en deux. La dernière fois, c'était dans la station de métro. Elle m'aborde avec cette phrase tentatrice (ou tout du moins jugée comme telle par les cerveaux du merchandising): "Puis-je vous offrir un téléphone portable?". Bah non. "Désolé, j'en ai déjà deux". Dépitée, elle se replie vers son stand, laissant ainsi libre le chemin des quais.

Les magasins Vodafone, c'est comme les pharmacies, ici. En gros, un tous les 200m, rouge pétant avec un monsieur dedans au sourire Odol-Med-3 (non, pas Tonigencyl) et quelques pauvres faux téléphones portables étalés là pour faire joli. L'explosion toute récente de cette catégorie de commerces me semble inexplicable. En tout cas, ça doit bien faire un mois qu'ils essayent de les refiler, ces téléphones gratuits. J'en prendrait peut-être un, un jour, pour rigoler. Ou alors non.

J'achète un truc à manger. En ces temps de désertion managériale, le bureau est vide et le restaurant attenant, au "business lunch" autrefois apprécié, n'a plus son attrait d'antan. Trop gras. Les tortellini baignant dans le beurre fondu, une fois de trop pour moi. Le truc à manger s'avère être très simple, basique, à base de pain pas trop sec. Et puis voilà. En faisant la queue devant la caisse, je laisse passer une jeune fille qui attendait déjà depuis plus longtemps et elle me gratifie d'un sourire qui éclaire les alentours, encore, alors qu'elle est déjà repartie. Bon. Comme je n'ai pas la monnaie et elle non plus, la caissière me fait une ristourne de 2 cents. Voilà. Je reprends la route vers le bureau, non sans frôler à cette occasion encore deux magasins Vodafone.

Et je retrouve mon ordinateur avec une satisfaction toute décalée. Je me rappelle l'article que j'avais lu hier: "un clavier d'ordinateur peut être plus sale que des toilettes". Choc. Toutes ces bactéries. Déjà que je ne prenais plus de cacahuètes dans des bols partagés en soirée (en moyenne 7 types d'urines différentes)... Argh. Je sens tous ces germes qui petit à petit m'envahissent. Non! Je lutterai. Je ne suis pas fou. Ce sont eux qui ont commencé. Ils sont tous après moi. Ah mais non, tiens, maintenant que j'y pense. Comme je suis le seul à utiliser cet ordinateur et que je me lave les mains régulièrement...

Bref, une demi-journée déjà fascinante.